Quand Martine m’a appelée l’an dernier, elle était dépitée. Présidente du conseil syndical d’une copropriété de 35 lots dans le Rhône, elle venait de recevoir la facture d’électricité des parties communes : +25% en deux ans. Son syndic lui avait dit que c’était « normal avec le contexte ». Sauf que non. En trois mois, on a identifié 2 400 € d’économies annuelles. La bonne nouvelle ? Votre copropriété peut probablement faire pareil.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif. Les tarifs de l’électricité évoluent régulièrement. Vérifiez les conditions actuelles auprès des fournisseurs et sollicitez plusieurs devis avant toute décision.
L’essentiel sur l’électricité en copropriété en 30 secondes
- Le TRV reste accessible aux copropriétés de moins de 36 kVA (tarif stable en février 2026)
- Un mauvais choix de version TURPE peut coûter 8 à 15% de surcoût évitable
- Le changement de fournisseur se vote à la majorité simple (article 24)
- Comptez 2 à 4 mois entre la décision et le changement effectif
Points clés abordés
Pourquoi votre facture d’électricité en copropriété explose (et ce n’est pas une fatalité)
Franchement, quand je décortique les factures des copropriétés que j’accompagne, je retrouve toujours le même problème. Personne ne comprend vraiment ce qu’on paie. Une facture d’électricité en copropriété, c’est trois morceaux distincts : la fourniture (le kWh que vous consommez), le TURPE (l’acheminement via le réseau Enedis), et les taxes. Le truc, c’est que seule la fourniture est négociable.
30%
de la facture TTC représentée par le TURPE selon la CRE
Selon la proposition tarifaire de la CRE pour février 2026, les tarifs réglementés restent stables avec une légère baisse de 1,99 €TTC/MWh. Ça représente environ 9 € d’économie annuelle pour une consommation de 4 500 kWh. Pas de quoi crier victoire.

Ce qui me surprend encore après des années à accompagner des syndics ? La plupart ignorent que la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) passe de 21,93% à 15% au 1er février 2026. Ça, c’est une vraie bonne nouvelle : environ 10 € de moins sur l’abonnement annuel. Mais ça ne suffit pas à compenser les hausses accumulées depuis 2022.
Les 3 postes de votre facture d’électricité en copropriété
- Fourniture : le prix du kWh (négociable) – environ 40% de la facture
- TURPE : l’acheminement réseau Enedis (régulé) – environ 30%
- Taxes et contributions : CTA, accise, TVA (fixes) – environ 30%
Dans mon activité d’accompagnement de syndics en Île-de-France et PACA (35 copropriétés entre 2023 et 2026), j’ai constaté que les parties communes représentent en moyenne 700 kWh par logement et par an. Pour une copropriété de 40 lots, on parle de 28 000 kWh annuels. À 16 centimes le kWh, ça fait 4 500 € de facture. Si on peut gratter 15%, c’est 675 € récupérés chaque année.
TRV ou offre de marché : le vrai calcul selon votre copropriété
Soyons clairs : il n’existe pas de réponse universelle. Ce qui fonctionne pour une résidence de 20 lots à Lyon ne marchera pas pour un immeuble de 80 lots à Marseille. La question centrale, c’est votre puissance souscrite. Au-dessus de 36 kVA, vous n’avez plus accès au tarif réglementé depuis 2016. En dessous, vous avez le choix.
TRV ou offre de marché : le test rapide pour votre copropriété
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Puissance ≤ 36 kVA + consommation stable :
Le TRV peut convenir si vous consommez régulièrement. Mais comparez quand même : certaines offres de marché sont aujourd’hui 5 à 8% moins chères.
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Puissance ≤ 36 kVA + volumes importants :
L’offre de marché devient souvent gagnante. Plus vous consommez, plus l’écart de prix au kWh pèse dans la balance.
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Puissance > 36 kVA :
Pas le choix, offre de marché obligatoire. Profitez-en pour négocier : les marges sont réelles sur ce segment.
Petite copropriété (<36 kVA) : le TRV reste-t-il pertinent ?
Pour les copropriétés de moins de 36 kVA, le tarif réglementé de vente (TRV) reste accessible. C’est le fameux « Tarif Bleu » d’EDF. D’après le service-public.fr, ce tarif baisse de 0,83% en moyenne au 1er février 2026. Sur le papier, c’est rassurant.
Mais attention. Le TRV n’est pas toujours le moins cher. J’ai accompagné une copropriété de 42 lots à Marseille l’an dernier. Syndic bénévole, facture en hausse de 40% après la fin du bouclier tarifaire. Ils étaient restés sur le TRV par habitude. Après mise en concurrence, on a identifié une économie de 2 800 € par an avec une offre de marché. Le vote en AG est passé après présentation de trois devis comparatifs.
Si vous cherchez à comprendre précisément le tarif électricité en copropriété, commencez par analyser votre profil de consommation. Une copropriété avec ascenseur et VMC tournant 24h/24 n’a pas le même intérêt qu’une résidence avec juste un éclairage de cage d’escalier.
Petite copropriété (<36 kVA) : quand l’offre de marché devient plus intéressante
Le moment où l’offre de marché bat le TRV, c’est généralement quand vous consommez beaucoup en heures creuses. Les équipements programmables (chauffe-eau collectif, pompe de relevage, VMC) peuvent basculer sur ces plages horaires moins chères.
| Option | Prix kWh HP | Prix kWh HC | Intérêt si… |
|---|---|---|---|
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Base |
12,74 c€ | — | Consommation lissée sur 24h |
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Heures creuses |
13,51 c€ | 9,89 c€ | ≥40% conso en heures creuses |
Mon conseil (basé sur les dossiers traités) : si vous n’avez pas d’équipements programmables, restez en base. L’option heures creuses devient rentable uniquement si vous décalez au moins 40% de votre consommation sur les plages creuses. Sinon, vous payez plus cher les heures pleines sans compenser.
Grande copropriété (>36 kVA) : pas le choix, mais des opportunités
Depuis le 1er janvier 2016, les copropriétés avec une puissance souscrite supérieure à 36 kVA n’ont plus accès au TRV. C’est la règle, rappelée par le Médiateur national de l’énergie. Vous êtes obligatoirement sur une offre de marché.

La bonne nouvelle ? Sur ce segment, les fournisseurs alternatifs se battent pour vous. J’ai vu des écarts de 12% entre la meilleure et la moins bonne offre pour un même profil de consommation. Prenez le temps de comparer au moins trois propositions avant de présenter quoi que ce soit en AG.
Les 3 leviers qui font vraiment baisser la facture
Dans mon activité, je vois passer des dizaines de factures par mois. L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Les syndics qui pensent que tout est figé. C’est faux. Trois leviers actionnables existent, et ils sont souvent mal exploités.
Les 3 actions prioritaires pour réduire votre facture
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Mettre en concurrence les fournisseurs
Demandez au moins 3 devis. Les offres varient de 5 à 15% selon les fournisseurs pour un même profil. Attention à la durée d’engagement et aux clauses de révision.
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Vérifier la version TURPE
Trois versions existent : CU (courte utilisation), MU (moyenne), LU (longue). Le mauvais choix peut coûter 8 à 15% de surcoût annuel.
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Optimiser le timing contractuel
Lancez la mise en concurrence 4 à 6 mois avant la fin du contrat. Les offres commerciales ont une validité courte (3 à 15 jours selon l’ARC).
L’erreur TURPE qui coûte 8 à 15% de surcoût
Dans mon activité d’accompagnement de syndics en Île-de-France et PACA (35 copropriétés entre 2023 et 2026), le mauvais choix de version TURPE représente l’erreur la plus coûteuse. J’observe régulièrement des surcoûts de 8 à 15% sur la facture annuelle. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon la taille de la copropriété et le type d’équipements. La version LU (longue utilisation) convient aux copropriétés avec des équipements tournant en permanence. Si vous avez surtout de l’éclairage intermittent, la version CU (courte utilisation) sera plus adaptée.
Selon la délibération CRE sur le TURPE 7, les grilles tarifaires évoluent au 1er août de chaque année selon une formule indexée. Ce n’est pas figé : vous pouvez demander un changement de version si votre profil de consommation évolue.
Pour les copropriétaires bailleurs, sachez que certaines charges liées à l’électricité des parties communes peuvent être répercutées. Si vous gérez des logements locatifs dans l’immeuble, consultez la liste des charges récupérables auprès du locataire pour optimiser votre budget.
Faire voter le changement en AG : la méthode qui passe
Je me souviens d’un cas traité en 2024. Une présidente de conseil syndical avait préparé un dossier impeccable avec trois devis comparatifs. Le syndic avait mal inscrit la résolution à l’ordre du jour. Résultat : report d’un an. Un an de surcoût évitable.
Comme l’indique le Médiateur national de l’énergie, le choix d’un fournisseur d’énergie relève de la majorité de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. C’est la majorité simple des voix des copropriétaires présents ou représentés. Relativement accessible.
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Analyse des factures actuelles et identification des postes d’économie -
Réception des devis fournisseurs (minimum 3) -
Préparation résolution AG et note explicative aux copropriétaires -
Vote en assemblée générale -
Changement effectif de fournisseur (aucune coupure)
Sur le terrain, la réalité est plus nuancée que les textes. Les délais de convocation, la rédaction de la résolution, les questions des copropriétaires anxieux… Tout ça prend du temps. Comptez 2 à 4 mois entre votre première analyse et le changement effectif.
Votre dossier AG pour changer de fournisseur
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Récupérer les 3 dernières factures annuelles (consommation + puissance)
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Demander 3 devis à des fournisseurs distincts (même base de comparaison)
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Préparer un tableau comparatif simple : prix kWh, abonnement, durée engagement
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Rédiger une note explicative d’une page maximum pour les copropriétaires
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Faire inscrire la résolution à l’ordre du jour par le syndic (21 jours avant l’AG minimum)
Si la gestion des charges vous semble chronophage, certains propriétaires préfèrent déléguer entièrement ces démarches. Renseignez-vous sur les services d’administration de biens qui peuvent inclure le suivi des contrats d’énergie.
Vos questions sur l’électricité en copropriété
Peut-on changer de fournisseur sans l’accord de tous les copropriétaires ?
Oui. Le changement de fournisseur d’électricité pour les parties communes se vote à la majorité simple de l’article 24. Seuls les copropriétaires présents ou représentés votent, et la majorité des voix exprimées suffit.
Le changement de fournisseur peut-il entraîner une coupure ?
Non. Le réseau reste géré par Enedis quel que soit le fournisseur. Le changement est transparent : pas de coupure, pas d’intervention technique, juste un transfert administratif.
Quelle différence entre le compteur des parties communes et les compteurs individuels ?
Le compteur des parties communes alimente l’éclairage des halls, escaliers, parkings, ascenseurs, VMC collective… Chaque copropriétaire paie sa quote-part via les charges. Les compteurs individuels concernent uniquement la consommation privative de chaque logement.
Combien de temps prend un changement de fournisseur en copropriété ?
En comptant la préparation du dossier, le vote en AG et le délai technique, comptez 2 à 4 mois. La mise en service chez le nouveau fournisseur prend généralement 21 jours après la signature du contrat.
Le syndic peut-il changer de fournisseur sans vote en AG ?
Non, sauf délégation expresse votée à la majorité de l’article 25. Sans cette délégation, tout changement de contrat d’énergie nécessite un vote en assemblée générale. Un syndic qui changerait de fournisseur sans vote s’exposerait à une contestation.
Précisions sur les tarifs et procédures 2026
- Les tarifs mentionnés sont ceux en vigueur en février 2026 et peuvent évoluer
- Chaque copropriété a des besoins spécifiques selon sa consommation et sa puissance souscrite
- Le changement de fournisseur nécessite un vote en AG selon les règles de votre copropriété
En cas de litige ou de doute, contactez le Médiateur national de l’énergie (energie-info.fr).
Et maintenant ?
Votre prochaine AG approche ? C’est le bon moment pour inscrire le sujet à l’ordre du jour. Commencez par récupérer vos trois dernières factures annuelles et demandez des devis comparatifs. La démarche prend quelques heures, mais les économies récurrentes valent largement l’effort.
Une question avant de vous lancer : avez-vous vérifié la version TURPE inscrite sur votre facture actuelle ? Si ce n’est pas le cas, commencez par là. C’est souvent le levier le plus rapide à actionner.
